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COLLECTION · Film · 1938

Entrée des artistes

1938, Paris, au Conservatoire Supérieur d'Art Dramatique. Les examens d'admission en première année battent leur plein. Beaucoup de postulants, peu d'admis. Isabelle fait partie des rares élues. Elle rejoint les anciens élèves des deuxième et troisième année, dont François, Cécilia. Ils suivent la classe d'art dramatique dirigée par le professeur Lambertin. Les jeunes gens, passionnés et avides de devenir des comédiens, s'entrechoquent dans les amours tumultueuses, parce qu'à force de jouer la comédie, ils s'imaginent que la vie est une farce. Ainsi, François est amoureux d'Isabelle qui l'aime également, mais il est poursuivi par Cécilia, son ancienne maîtresse... « Mettre de l’art dans sa vie et de la vie dans son art ! »

Source: TMDB
* 7.8 (22)ComédieDrameFrance
Bande originale
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Realisateurs
Marc Allégret
Pays
France
Studios
Regina Films · Filmsonor
Durée
92 min
Sortie
06/10/1938
Note
7.8 / 10 (22)
Ou regarder
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Distribution
Louis Jouvet
Louis Jouvet
M. Lambertin, professeur au Conservatoire
Claude Dauphin
Claude Dauphin
François Polti
Janine Darcey
Janine Darcey
Isabelle Didier
Odette Joyeux
Odette Joyeux
Cécilia Prieur
Bernard Blier
Bernard Blier
Pescani, un élève du Conservatoire
Robert Pizani
Robert Pizani
Jérôme
?
Madeleine Lambert
Mme Élisabeth Prieur, mère de Cécilia
Roger Blin
Roger Blin
Dominique, le gardien du château de la famille de Cécilia
?
Mady Made
Denise
?
Babita Soren
Norah Storm
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S
Sigmund Kühßeir
**Entrée des artistes (1938)** --- **SYNOPSIS** 1938, Paris, au Conservatoire Supérieur d'Art Dramatique. Les examens d'admission en première année battent leur plein. Beaucoup de postulants, peu d'admis. Isabelle (Janine Darcey) fait partie des rares élues. Elle rejoint les anciens élèves des deuxième et troisième année, dont François (Claude Dauphin), Cécilia (Odette Joyeux). Ils suivent la classe d'art dramatique dirigée par le professeur Lambertin (Louis Jouvet). Les jeunes gens, passionnés et avides de devenir des comédiens, s'entrechoquent dans les amours tumultueuses, parce qu'à force de jouer la comédie, ils s'imaginent que la vie est une farce. Ainsi, François est amoureux d'Isabelle qui l'aime également, mais il est poursuivi par Cécilia, son ancienne maîtresse... --- (_Attention, une partie du contenu ci-après, dévoile une partie de l'intrigue du film_) **L'ENTRÉE DU FILM PAR LES ARTISTES** Et qui de mieux que Louis Jouvet pour jouer le rôle de « Lambertin », professeur d'art dramatique au Conservatoire ? Acteur renommé de la scène et de l'écran, Jouvet possède une autorité naturelle et ne laisse aucun doute sur le fait qu'il sait de quoi il parle, bien que son personnage soit loin d'être sympathique. La dureté de son enseignement n'est qu'une antichambre pour préparer, sinon opérer une sélection, à de la difficulté de la future vie de comédiens, dont seul un petit nombre pourra y prétendre. Les autres devront trouver un autre métier. Jouvet est entouré d'un chœur composé de jeunes acteurs très talentueux, tous décédés aujourd'hui. Janine Darcey est stupéfiante dans le rôle d'« Isabelle », fragile et au grand cœur, qui contraste parfaitement avec « Cécilia » jouée par Odette Joyeux, aux allures de mégère. Claude Dauphin est peut-être un peu trop vieux pour être tout à fait convaincant dans le rôle de l'étudiant comédien, mais son charisme et ses charmes de garçon font de lui un choix évident pour le rôle de « François », l'amoureux naïf. Bernard Blier, Noël Roquevert, Roger Blin et Julien Carette sont d'autres visages familiers à surveiller. Marcel Dalio vole presque le dernier acte dans le rôle d'un juge d'instruction. À ce sujet, pendant l’Occupation, le film connu une seconde sortie au cinéma, la première fut le 06 octobre 1938, en prenant soin de retourner toutes les scènes où apparaissaient précédemment Marcel Dalio, acteur juif dont les photos avaient été utilisées pour des affiches de propagande allemande avec pour légende : « Le Juif typique ». Il fut remplacé par Fred Pasquali et, chose étrange, la voix d'origine de Marcel Dalio fut pourtant conservée dans la seconde version. Il faudra attendre juillet 1944, à la troisième sortie du film au cinéma pour que la version initiale du film avec son interprétation soit réhabilitée. Le film tourne autour d'Isabelle (Janine Darcey), 17 ans, étudiante en art dramatique en herbe, qui commence à vivre parce qu'elle est admise en première année au Conservatoire, l'école d'art dramatique la plus renommée de France. Les talents d'Isabelle sont rapidement remarqués par son professeur d'Art Dramatique, le professeur Lambertin (Louis Jouvet), qui l’interpelle en fin d'un cours. Il a reçu une lettre postale de son oncle qui somme Isabelle de cesser cette galéjade de théâtre pour reprendre les fers dans la blanchisserie familiale. En qualité d'oncle et de tante, se tiennent les tuteurs adoptifs d'Isabelle. Ils estiment que le métier d'acteur n'est pas chose sérieuse et fabrique des crève-la-faim, voire des suicidés. Lambertin, alors qu'il avait lui aussi 17 ans, rencontra le refus de son père qui ne voulait admettre que son fils était promu à un bel avenir de comédien en jeune premier amoureux. Et dans cette scène, Henri Jeanson fait dire à Louis Jouvet qui s'adresse à son élève, Isabelle (Janine Darcey) : * « _J'ai eu dix-sept ans, je ne les ai plus parce que tu les as et que des dix-sept ans il n'y en a pas pour tout le monde à la fois !_ » Aussi, pour remonter le temps et se confronter à son père par l'entremise de l'oncle d'Isabelle, Lambertin ira à la boutique pour parler aux tuteurs et les convaincra du contraire, en leur assurant que la jeune fille a l'étoffe d'une bonne comédienne. Reprenant ses études, Isabelle connaît ses premières amours lorsqu'elle succombe au charme d'un étudiant plus âgé qu'elle, François (Claude Dauphin). Ce dernier a la réputation d'être un homme à femmes et son ancienne petite amie, Cécilia (Odette Joyeux), est loin d'être satisfaite lorsqu'elle apprend qu'il s'est trouvé une autre amante. Envahie par la jalousie, elle a l'intention d'utiliser ses talents d'actrice pour infliger une vengeance cruelle et mortelle à son ex-amant. Attendez-vous à un dénouement plutôt sinistre. --- **À PROPOS** La première moitié du film fonctionne presque comme un documentaire et couvre à la fois l'exténuant examen d'entrée et les reconstitutions méticuleuses des cours d'art dramatique. Examen d'admission dans lequel les aspirants acteurs doivent se produire devant un jury difficile à satisfaire, comme des chrétiens entrant dans la fosse aux lions. C'est cette partie du film qui apparaît être la plus intéressante. La suite est un mélodrame assez conventionnel des amours tumultueuses de jeunes gens. Non seulement ce film offre des conseils judicieux à tout acteur en herbe, toujours respecter le texte, toujours trouver la vérité du personnage joué ; mais il est également interprété et mis en scène de manière si authentique que nous pourrions facilement le confondre avec un documentaire pris sur le vif. La structure du film peut surprendre car l'intrigue y est courte mais importante car elle constitue le sommet de la mise en abyme du film. Cette œuvre est une réflexion sur le spectacle sur ce qu'il convient de montrer ou de ne pas montrer (la scène de la chambre d'amour). Sur ce que la société accepte du bout des lèvres : la pratique de l'art dramatique. Ce qu'elle refuse : les gigolos qui pourtant ne font de mal à personne, mais qui dérangent car considérés comme hors-norme. Mais aussi ce qui l'impressionne, les mérites des institutions à l'instar de la légion d'honneur offrant une respectabilité portative). Ce qui la manipule, la réplique de Jouvet sur les critiques de théâtre. Et puis surtout les bases des rapports entre individus, les mots que nous disons à l'autre « en jouant » devant lui, comme un comédien sur sa scène et qui ne sont que des mots, consommables et périssables. Tout n'est que spectacle, tout n'est qu'apparence. Quelle lucidité ! La fin heureuse est biaisée, Claude Dauphin et Janine Darcey vont s'aimer… mais combien de temps ? Le film puise sa force dans son extraordinaire scénario et dans les dialogues d'Henri Jeanson, mais aussi dans sa distribution dominée par un Louis Jouvet impérial, et avec une une pléiade de comédiens. Des comédiens qui savaient jouer et non les acteurs qui depuis l'avènement de cette Nouvelle Vague, que Audiard définissait ainsi : « Pas si nouvelle, mais très vague », ne savent faire que des actes comme bouger un bras, une jambe en récitant des dialogues qui n'ont plus rien de mots d'esprits, juste des sons sans aucun poids, saveur et contenu. Le tournage s'est déroulé entre le 1er juillet et le 5 août 1938, principalement au studio d'Epinay (Seine Saint-Denis, 93), où l'escalier, le hall et une classe ont été reconstitués. Des extérieurs du château de Champlâtreux ont été utilisés. Ainsi, Louis Jouvet revenait quelque vingt ans plus tard, à proximité de Luzarches (Val-d'Oise, 60) où il a été préparateur pharmaceutique dans l'officine « Horbette » place de la mairie, commerce repris par la suite par un charcutier. « Entrée des artistes » sera l'un des films les plus personnels de Marc Allégret, notamment parce qu'il traite d'un sujet qui lui tient à cœur. Marc Allégret avait un don légendaire pour repérer et faire éclore les talents, et le cinéma français lui doit beaucoup. Parmi les grands acteurs que Marc Allégret a su tirer de l'ombre et mis sur la voie de la célébrité, citons : Michèle Morgan, Gérard Philipe, Jean-Paul Belmondo et Louis Jourdan. Intelligemment dialogué par Henri Jeanson, scénarisé par André Cayatte et Marc Allégret, « Entrée des artistes » n'est pas seulement l'un des films les plus inspirés et les plus humains d'Allégret, c'est aussi l'un des hommages les plus perspicaces du cinéma au métier d'acteur, un classique au sens propre du terme. Durant l’année 1940, dans l’Europe en guerre, Louis Jouvet, (réellement) professeur au Conservatoire, continue de faire de sa classe, un espace protégé, et par son enseignement il transmet à de jeunes apprentis comédiens sa passion du théâtre. Dans ces cours donnés jusqu’à son départ en Amérique du Sud, en 1941, Jouvet déploie une fascinante pensée pratique du jeu. --- **DIALOGUES** Quelques phrases de dialogues que Henri Jeanson fait dire à Louis Jouvet * « _Je te permettrai d'avoir le trac quand tu auras du talent. Sois inconsciente. Le trac est une manifestation de l'esprit critique, donc de l'intelligence. Par conséquent, tu es incapable d'avoir le trac._ » * « _Regardez-la : l'œil est stupide mais vif. Il y a dans son regard une grande lueur d'inintelligence, la bouche est assez spirituelle, le corps assez agréable... Jeune première !_ » * « _Mettre de l’art dans sa vie et de la vie dans son art._ » * « _Tu parles très bien de ce que tu connais très mal. Tu ferais un excellent critique de théâtre !_ » --- **ANECDOTE** L'admission au conservatoire était rude, beaucoup de présentés, peu de place proposées, peu d'admis. Mais la première année et son examen qui la clôturait l'étaient davantage. Certains, certaines des élèves étaient renvoyés, ne présentant pas les qualités artistiques, humaines pour prétendre à en faire profession. Une jeune femme fut ainsi renvoyée par Louis Jouvet au terme de sa première année d'élève. Elle prétendait tenir des rôles de courtisanes et si Jouvet ne l'entendait pas capable, son parcours personnel démontra qu'elle su en faire acte. Louis Jouvet, maître du conservateur, officier de la légion d'honneur fut invité à une soirée du bon-Paris, du tout-Paris. Tenue en un hôtel particulier spacieux et riche, les hôtes aussi maîtres des lieux, accueillaient leurs convives en l'entrée d'un salon, comme il en était l'usage. (Non sans penser aux files de convives qui distribuent les sincères condoléances aux endeuillés à la fin d'une cérémonie portant en terre un défunt parent.) Jouvet attendait son tour mais reconnu, grâce à sa haute taille qui lui permettait de voir par dessus la tête des autres, que la maîtresse de maison n'était autre que la jeune femme qu'il avait renvoyé du conservatoire. Si sur des planches elle n'avait su exprimer son talent, elle avait trouvé d'autres lieux pour exercer son rôle de courtisane et faire grand mariage avec un homme qui pouvait aussi tenir rang de père, voire de grand-père. La jeune dame de maison s'employait à distribuer des sourires fabriqués sur mesure aux invités passant devant elle sans qu'elle ne vit s'approcher Jouvet, mais quand elle le découvrit, machinalement, elle retira sa main et pinça des lèvres. Geste auquel Jouvet lui rétorqua : « _Tu peux me serrer la main, le talent n'est pas contagieux !_ »
TMDB
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