Charlotte, treize ans, en a terminé avec l'enfance et si elle sait ce qu'elle ne veut plus être, elle ne sait pas encore ce qu'elle veut devenir. L'adoration que lui voue Lulu, une petite voisine de six ans, l'agace, et elle est fascinée par Clara Bauman, enfant prodige et pianiste surdouée qui a le même âge qu'elle.
Un des plus beaux films de Claude Miller qui a coutume de les réussir (_La Meilleure Façon de marcher_, _La petite voleuse, Mortelle randonnée_, _Garde à vue_ et bien d’autres). Le scénario serait personnel contrairement à ce que disent certains. Quoi qu’il en soit, il est une jolie chronique de l’adolescence d’une hypersensible jeune fille, aimée mais un peu abandonnée, qui se promène dans ses rêves, ses fantasmes puis dans ses désillusions et ses deuils. Gamine superbement incarnée par une Charlotte Gainsbourg novice et déjà ô combien talentueuse et gracieuse qui mérite son César, celui de Bernadette Lafont, certes grande actrice, me paraissant plus improbable. On suit avec émotion, malgré quelques petites baisses de régime, le chemin sinusoïdal de Charlotte, entre exaltations et effondrements. La musique est charmante, les dialogues sonnent juste et la réalisation est légère… comme une gamine-tige. Un film qui a aussi le mérite de ne pas avoir vieilli.