En 2049, la société est fragilisée par les nombreuses tensions entre les humains et leurs esclaves créés par bioingénierie. L’officier K est un Blade Runner : il fait partie d’une force d’intervention d’élite chargée de trouver et d’éliminer ceux qui n’obéissent pas aux ordres des humains. Lorsqu’il découvre un secret enfoui depuis longtemps et capable de changer le monde, les plus hautes instances décident que c’est à son tour d’être traqué et éliminé. Son seul espoir est de retrouver Rick Deckard, un ancien Blade Runner qui a disparu depuis des décennies…
Toucher au mythe de « _Blade Runner_ » en offrant une suite acceptable dans la lignée de l’un des plus beaux films de science-fiction était une tâche particulièrement délicate. Tout est pourtant là : le rythme lent assumé, l’émotion, la puissance visuelle, le scénario. Il n’y a pas de faute de goût et le mythe est revisité au service d’une introspection inéluctable. La mise en scène est élégante, voire classieuse. Les enjeux intimistes se révèlent cérébraux, l’image est exaltante et la plastique demeure superbe, notamment dans les moments de contemplation, porteurs de messages forts qui ébranlent les fondements de la condition humaine, entre souvenirs enfouis et désirs secrets. Denis Villeneuve réussit donc une suite parfaitement maîtrisée, qui enivre à mesure que se déploie sa sidérante beauté, tout en interpellant, de façon presque freudienne, le spectateur immergé dans une froideur narcotique. Un bel hommage à l’œuvre de Philip K. Dick et un pari brillamment relevé.