Encore un grand film de James Gray, sûrement son plus personnel mais aussi le plus abouti. De ses souvenirs d’enfance, il extrait un drame intimiste, un éclairage lucide des tares systémiques américaines, dont un racisme incrusté, et une émouvante exploration du passage de l’adolescence à la vie adulte. Tout cela est brillant, simple et puissant, parfois bouleversant dans son réalisme sans esbrouffe, et servi par de magnifiques acteurs. Les deux adolescents sont impressionnants de présence et de justesse, Hopkins confirme son statut de géant du cinéma et les autres sont grandioses, petits rôles inclus. On peut aussi admirer la photographie, chaque décor étant un tableau. Un très beau film qui aurait eu sa place à Cannes comme son lointain parent, Les Quatre cents coups de Truffaut.